







« J’suis du tarmac, pas des étoiles, les miennes à moi brillent à Pigalle… »Tel un humble aveu, ou plutôt une volonté d’affirmer son statut hors du commun, cette première phrase du titre Gadji,
qui donne son nom à son tout premier album, expose très clairement les racines de cette grenobloise, d’origine catalane, établie à Paris. « Gadji » comme sont nommés les non tziganes, exprime avec une pointe d’ironie, l’aventure dans cet univers de l’est, de ce brin de femme qui chante les gitans comme l’une des leurs.
Pourtant, ce n’est que tardivement que la jeune française s’est découvert un amour incommensurable pour le répertoire traditionnel balkanique, à la suite de sa découverte du « Temps des gitans » chef d’œuvre cinématographique du compositeur et interprète Emir Kusturica. Dès lors, elle travaille d’arrache-pied pour se construire un répertoire variant chansons traditionnelles balkaniques, compositions personnelles d’inspiration manouche et parfois ibérique, proposant même une interprétation très réussie des « P’tits papiers » de Serge Gainsbourg.
Autour d’elle, six musiciens d’exception face auxquels elle sait parfois s’effacer et simplement laisser aller son corps, s’appropriant des mouvements entre tango et danse tzigane, alliant gestuelle sensuelle et déhanché sec et assuré.
Mais lorsque sa voix suave ressurgit, le silence s’impose dans la salle et chacun est immédiatement transporté dans des décors de voyages où les odeurs des chevaux et du feu de bois viennent aux narines.
Tantôt joyeux, parfois nostalgique, toujours merveilleux, Norig chante l’univers tzigane, ses joies, ses peines..., des chansons qui parlent « d’alcool et d’amour mais aussi d’amour et d’alcool », de mariages qui se font et se défont, s’appropriant à merveille les langues roumaine et rromani, bluffant plus d’un manouche…. Un pur moment de plaisir.